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Sociologie(s) publique(s) ?





Fac après Bac

par Philippe Ayrton, Candice Desprez, Sandra Gornouvel, Seongwoo Kang & Pénélope Protat
le 8 juillet 2019

Les présents textes ont été écrits dans le cadre d’un cours d’expression française commun à tou-te-s les étudiant-e-s de première année. Le but originel était de leur donner l’occasion d’écrire en dehors des normes universitaires qui peuvent parfois agir comme autant de camisoles intellectuelles et créatives. La seule consigne donnée était le sujet : écrire sur leur passage entre lycée et université. Néanmoins, c’est avec plaisir que certain-e-s, tou-te-s redoublant leur L1, se sont affranchi-e-s de celle-ci pour décrire les difficultés rencontrés l’année précédente. D’un simple exercice d’écriture, iels en ont fait un véritable projet étudiant en faisant de ce recueil de textes une sorte de "manuel de survie" à distribuer aux futur-e-s étudiant-e-s prouvant, si cela était nécessaire, qu’iels ne manquent pas d’envie, de motivation ou d’idée lorsque le plaisir n’est pas sacrifié sur l’autel de la pédagogie.  

Anonyme

Toute mon adolescence, j’ai entendu dire que la fac c’était génial, qu’elle serait pour moi le début de ma toute nouvelle vie où je serai indépendante, où je deviendrai une grande fille et où j’arrêterai de prendre le bus pour rouler dans ma propre voiture. Et bien première nouvelle, j’ai toujours l’air d’être une enfant du haut de mes 1m50 ; et seconde nouvelle, je n’ai ni ma voiture, ni mon permis et je n’ai pas encore mon code... Pour le moment les promesses que l’on m’avaient faites sur la fac s’avéraient être fausses, mais je continuais de croire que mon indépendance et ma toute nouvelle vie commenceraient ici à l’université.

La transition entre mes années au lycée et ma rentrée à l’université fut radicale ; et pour moi, c’était enfin l’heure de mon nouveau départ et le commencement de mon « voyage d’émancipation » comme j’aime l’appeler. En effet, les études supérieures rimaient pour moi avec nouvel environnement, nouvelles fréquentations, nouvelles sorties, nouveaux projets et surtout nouvelles galères. Si au lycée j’avais une routine tranquille, j’étais lâchée au grand air à la fac, dans une grande ville loin de ma campagne et où je dois prendre le train chaque matin et chaque soir pour rentrer à la maison. Alors oui, vous l’aurez deviné, je n’ai pas de voiture et je n’ai aucun logement non plus. Je n’ai donc pas d’autre choix que de vivre chez papa maman. De plus, les journées sont devenues si différentes : si courtes et à la fois si remplies. Je suis passée d’un lieu où je finissais par mourir d’ennui assise sur ma chaise tout le long de la journée, à un endroit où je m’épanouis à étudier une langue qui me plaît et à pouvoir m’organiser comme bon me semble sans trop de contraintes.

En lisant ces lignes, on pourrait penser que je détestais ma vie d’avant et pourtant non. Je vivais une vie sans trop de soucis, j’étais bien entourée et j’avais mes petites habitudes qui, dès qu’elles étaient bouleversées, m’excitaient et me faisaient un bien fou. C’est ce que je recherchais à la fac : briser la routine. De plus, je me rends compte qu’aujourd’hui, mes études littéraires que je regrettais me sont extrêmement utiles finalement. En effet je suis en LLCER Anglais et être capable de bien rédiger une introduction et d’analyser un texte d’une vingtaine de lignes est bien plus facile après avoir été en L au lycée et après avoir savouré les huit heures de philo par semaine...
Ma petite vie d’avant me suit toujours aujourd’hui d’ailleurs, en effet, je ne me suis pas retrouvée complètement seule ici : certains de mes amis m’ont suivie ou alors à l’inverse, c’est moi que les ai suivis jusqu’ici. On devait avoir probablement les mêmes envies et les mêmes projets et même si j’apprécie leur compagnie, j’aime m’en détacher de temps en temps pour souffler un peu. Enfin, la fac me permet de pratiquer une activité qui me tient à cœur depuis quelques années qui est le théâtre.
Le théâtre, c’est pour moi l’activité qui m’aide à me libérer entièrement et de me dévoiler tout en jouant quelqu’un d’autre, ce qui est plutôt paradoxal dit de cette façon, mais pourtant c’est ça l’idée.
J’ai commencé il y a quelques années à faire du théâtre dans des petits ateliers une fois par semaine où on devait monter une pièce pour la jouer devant nos amis et nos parents mais c’était juste un passe-temps. L’année dernière, j’ai eu l’occasion de participer à l’une des plus grande pièce que mon professeur ait monté : « Le Bourgeois Gentilhomme de Molière ». Là encore je n’avais pas de rôle très important, juste de la figuration dans quelques scènes mais cela m’allait parfaitement, c’était une expérience géniale. Suite à cette aventure, on m’a proposé de jouer dans une toute nouvelle pièce où on sera plus que deux sur scène et par conséquent, j’aurai un rôle très important. Tout cela pour dire que le théâtre continue de me suivre jusqu’ici, et moi aussi je lui cours après le mardi grâce aux UE libres. En effet, je fais l’UE8 Théâtre en Version Originale et donc en anglais. C’est un monde tout à fait différent du théâtre que j’ai l’habitude d’exercer mais j’aime beaucoup et je ne regrette pas mon choix.

En écrivant, je me rends compte que la fac n’est pas vraiment un « voyage d’émancipation ». Quand j’y réfléchis, je suis toujours rattachée à mon passé : je rentre tous les soirs chez moi pour rejoindre ma petite famille et même si je perds de vue certaines personnes, je continue de voir quotidiennement certains de mes amis et je pratique toujours une activité qui me passionne.
Évidemment, il y a énormément de choses qui ont changé depuis le lycée comme les horaires qui sont vraiment aléatoires et on se spécialise petit à petit dans un domaine.
Personnellement, j’ai comme projet de devenir professeure d’anglais depuis plusieurs années déjà. Alors pourquoi professeure d’anglais ? Ce n’était pas la matière que je préférais et j’étais loin d’être brillante. Je me souviens des groupes de niveau au collège en fonctions des notes de chacun, tous les cinquièmes étaient mélangés et sans grande surprise, j’étais loin de faire partie du groupe des « meilleurs » mais je n’étais pas dans les plus « mauvais » non plus après tout. En fait, je ne voulais même pas devenir professeure d’anglais au tout départ, je voulais être professeure des écoles. Bon, on va dire que plus jeune, ma motivation n’était rien d’autre que les week-ends et les vacances scolaires, mais mon stage à l’école primaire en troisième m’a vraiment donné envie d’enseigner aux petits, et pas seulement pour les jours de repos. Les années ont passées et j’aimais de plus en plus l’anglais mais c’est en première que j’ai eu un coup de cœur. J’ai eu la chance de partir en Suède lors d’un voyage scolaire et on devait uniquement parler anglais pour se faire comprendre mais sincèrement, ça ne m’a pas effrayée. Là-bas, les Suédois parlent bien évidemment suédois mais surtout, ils sont tous quasiment bilingues grâce aux émissions télévisées et aux radios qui diffusent des programmes en anglais en continu. À mon retour en France, je voulais toujours parler anglais et plus je m’exerçais, plus je m’améliorais. De plus, j’ai commencé à me détacher de mon premier objectif qui était d’être, je le rappelle, professeure des écoles pour rester prof’ mais cette fois-ci en anglais. En fait, plus j’y réfléchis, et plus je me dis qu’enseigner aux petits peut être intéressant, c’est un métier tout de même très polyvalent mais je pense que le contact avec des élèves de collège ou de lycée pourrait être bien plus stimulant. Je suis toujours en hésitation aujourd’hui et j’espère pouvoir me décider au plus vite.

Pour en revenir à la vie à l’université, ma charge de travail a elle aussi changé : la fac me demande du travail personnel, ce qui n’était absolument pas envisageable pour moi encore l’année dernière et pourtant, j’aime ça, ça ne me dérange pas et c’est quelque chose de nouveau. Pourtant, au bout de quelques mois, je finis par me demander si cela va devenir une nouvelle habitude qui va s’installer petit à petit ; et peut-être qu’une toute nouvelle routine s’installe sans que je ne m’en rende compte. C’est vrai, je prends le train tous les matins en sachant à l’avance comment sera organisée la journée qui arrive, ainsi que celle qui suit, et même si elles restent différentes elle finiront probablement par se répéter.
Aujourd’hui je me rends compte que la vie à la fac c’est tout de même fatiguant, notamment à cause des transports et du travail qu’il faut fournir et j’aimerais vraiment pouvoir trouver un logement, rien qu’une chambre. Je ne demande pas l’appart’ de mes rêves, juste quelque part où dormir mais pour ça il faut de l’argent. Je pense que c’est la plus grande différence entre le lycée et l’université : il me faut de l’argent pour pouvoir continuer mon « voyage d’émancipation ». Pour cela il va bien falloir que je travaille le plus rapidement possible et que j’accepte certaines contraintes, têtue que je suis : « Bon ma petite, t’essaies d’avoir tes partiels du premier coup, tu mets le plus d’argent possible dans tes poches mais pour ça, faut se mettre à bosser plus que ça alors motive-toi ! » Et vous savez quoi ? Ça marche plutôt bien pour le moment, on verra comment ça se passe plus tard.

Mon nouveau « projet » pourrait signifier un nouveau départ, de nouveaux horizons et pourtant je ne pense pas. Mon désir de devenir professeure reste un rêve d’enfant que je partage encore aujourd’hui. Alors oui, mon nouveau départ n’est probablement pas encore arrivé, il n’était certainement qu’une illusion et il n’arrivera peut-être jamais car je garde une certaine nostalgie de mes années passées, mais ce n’est pas si mal après tout. Enfin, le fait de vivre seule me permettra peut-être de m’émanciper enfin. À présent, en relisant ces lignes encore et encore, à la recherche de la moindre petite faute que l’on me demande toujours de rectifier depuis mon entrée à l’école primaire, je n’en suis plus aussi certaine. En un seul texte, que l’on m’a demandé d’écrire, là encore dans un but scolaire, je me rends compte que je n’ai cessé de grandir depuis ma plus tendre enfance, que mon « voyage d’émancipation » avance de jour en jour et que je ne devrais ni me précipiter, ni trop me projeter pour laisser la suite des événements se dérouler comme ils l’ont toujours fait.

PS : Nous sommes le 25 février et depuis ma dernière sauvegarde sur cet écrit, il y a eu un peu de mouvement dans ma vie et j’avais envie de vous en faire part : j’ai enfin commencé la conduite depuis quelques semaines déjà et je visite un studio dans deux jours. Ce ne sont que des détails, mais ce sont deux choses que j’avais mentionné dans mon texte en laissant sous entendre que je n’avais pas encore complètement ma vie en mains. Comme quoi, le voyage d’émancipation se fait réellement de jour en jour.

Le Paradoxe universitaire
Philippe Ayrton

Associations surprenantes et idées contradictoires. Paradoxe, est-ce toi qui bouscule ma logique ? Qui crée la fusion de sentiments opposés, rendant possible l’incompatible ? Surgissant singulièrement comme les événements hasardeux de nos vies ? Est-ce toi qui ponctue les phases de mon existence, qui accompagne mon développement, qui me surprend dans mes étapes ?
Si tu me fus compagnon et allié, ennemi et indifférent, c’est dans la transition que tu t’immisce. Si en lycéen tu m’as tendu la main, c’est en étudiant que je l’ai saisi.

Tu t’es d’abord cacher dans mes bagages. Tu as mis dans ma tête le vert des champs, le bruit des vagues, et la douceur du sable des terres qui, durant de nombreuses années, furent miennes. Puis, tu as mis dans mes yeux des édifices qui s’enracinent dans l’asphalte, des cultures et des sonorités qui se mélangent, des rêves et des couleurs qui me conviennent. Paradoxe, tu m’as fait fréquenté des structures plus petites dans un environnement pourtant plus grand. Tu m’as fait me sentir compter, me sentir plus important, voir même géant, là où plus que jamais je ne suis qu’une goutte dans l’océan. Tu m’a emmené plus loin pour que je sois plus près, pour que du bout de mes doigts j’effleure culture et opportunité. Tu m’as fait trouver le calme dans le vacarme de la ville, là où le bruit de mon entourage transcendait le silence de la campagne.

Mais non loin de moi tu restes et resteras. Si de ma main j’ai saisit la tienne, c’est vers toi qu’elle m’a tiré.

Paradoxe, je t’ai retrouvé dans le changement. Mes tâches et mon travail ont changé. Ils se sont mués du pluridisciplinaire au spécifique. J’en apprends sur les langues et les cultures, sur le monde, mais avant tout sur moi-même. C’est peut-être tant le sentiment d’avoir trouvé sa voie que celui de se sentir valorisé qui me font sentir cette plénitude. Et toi, tu me fais me sentir familier à l’étranger, comme si j’avais toujours appartenu à ces matières qui pourtant me sont inconnues. Paradoxe, tu ne me fais pas seulement sentir, tu me fais ressentir, ressentir le plaisir et l’envie du travail, là où ses racines latines induisent la souffrance.

Une fois contre toi, c’est ton souffle et ta chaleur qui ont caressé ma peau.

C’est dans un changement d’état d’esprit, que d’obligation le travail est passé à la passion. Mais vient l’aube des premières difficultés quand ancienne et nouvelle passion doivent être conciliées et que temps et énergies ne sont pas illimités. Il ne reste plus qu’à faire en sorte que l’une serve l’autre. Manier les langues pour enrichir ses textes, améliorer sa prononciation pour mieux chanter ses maux. Paradoxe, tu as pointé le bout de ton nez dans ma solitude bénéfique. S’isoler pour produire et s’ouvrir sur le monde.

Paradoxale ou oxymorique ? Qu’importe. Je viens chercher ton étreinte et tu me prends maintenant dans tes bras.

Plus que mes terres, c’était des amis, des visages, des souvenirs et des personnalités que je quittais. Si mes relations avaient survécu aux passages des années collèges à l’aire du lycée, la suite impliquait un éloignement important et la crainte de couper les ponts. Mais comme prisonnier de toi, Paradoxe, tu t’en es encore mêlé. J’ai alors compris le sens de « se quitter pour mieux se retrouver ». Aller plus loin pour construire des liens plus forts, changer le contexte des rencontres pour mieux les apprécier.

C’est en changeant de cadre de vie que je t’apprivoise enfin, que je te comprends, que je tends à t’embrasser.

C’est dans cette année transitoire que j’ai pu acquérir les clés pour te comprendre. LA clé pour te comprendre : la liberté. A ma majorité sont arriver les premiers salaires et emplois saisonniers, un premier logement indépendant comme vecteur pour réussir, indépendance donnée aussi par mon permis de conduire. De cette clé j’ai ouvert la porte de l’autonomie, celle des libertés canalisées mais aussi celle des responsabilités. J’apprends alors à maîtriser cette liberté et donc à me l’accorder, à me libérer du regard des autres pour enfin oser aimer. Puis j’ai compris, Paradoxe, que tu es une part de ma vie. Dans ce tourbillon éphémère que sont ces années universitaires, je cherche le stable. Dans le tourbillon éphémère qu’est m’a vie, je cherche paradoxalement à durer.

Candice Desprez

Arriver à la faculté c’est comme un nouveau départ, une nouvelle étape de notre parcours scolaire qui débute. Elle tourne la page du lycée et nous ouvre les portes de l’enseignement supérieur. Au début, c’est l’inconnu. Même si j’avais déjà visité la faculté et que je connaissais un peu Brest, il y a d’autres points pour lesquels c’était plus flou. Je me posais quelques questions sur la difficulté des cours, la quantité de travail, les méthodes de travail. Mais aussi sur tout ce qui est extra-scolaire comme le temps libre, les sorties, la vie seule en appartement. Ce n’est pas seulement nouveau sur le plan scolaire mais aussi extra-scolaire. Je n’avais pas spécialement de préjugés sur la faculté je vais donc expliquer quelles ont été les nouveautés pour moi.

Je vais tout d’abord parler de ma semaine de rentrée. Car c’est souvent celle qui questionne beaucoup. J’étais au lycée à Quimper et j’ai choisie d’étudier à Brest. J’étais en terminale scientifique et j’ai choisi une voie littéraire : LLCER Anglais. Je n’étais pas perdue toute seule à Brest car la plupart de mes amis étudient aussi ici mais dans des facultés différentes de la mienne ou dans des classes préparatoires. Je ne connaissais donc personne dans ma filière. Je n’appréhendais pas particulièrement la rentrée ni le fait de ne connaître personne. Je me disais que de toute façon la plupart d’entre nous était dans le même cas. La semaine de la rentrée était une semaine d’information. J’allais à la faculté environ deux ou trois heures par jour. Nous étions souvent en amphithéâtre. Différents professeurs nous présentaient le fonctionnement de la faculté et plus spécialement des différents cours et Unités d’Enseignement, ces dernières un nouveau concept pour nous. Cette première semaine, je ne me suis pas fait d’amis car en amphithéâtre c’est assez compliqué. J’arrivais, je m’asseyais, j’écoutais et je repartais. C’est à peu près le schéma de ma semaine de rentrée. Je me disais que quand les cours allaient commencer et plus particulièrement les TD nous aurions une sorte de "classe" pour faire des connaissances. J’ai fait des connaissances par la suite dans mon groupe de TD. Cependant, il y a beaucoup de groupes différents en première année en fonction des matières et des langues choisies. J’ai fait d’autres connaissances dans chaque matière où je n’étais pas avec les personnes de mon TD. Les cours ont débuté la semaine après la rentrée.

Un des plus grands changements entre la faculté et le lycée est la quantité de cours. Au lycée, j’avais environ de trente-trois heures de cours par semaine. Cette année, j’ai environ dix-sept heures. Les heures de cours sont assez espacées dans la journée. Parfois je n’ai que quatre heures mais non à la suite. Par exemple je commence de 8h15 à 10h15 et l’après-midi 14h45-16h45. Certains jours j’ai qu’une heure de cours au milieu de l’après-midi. Même si la quantité de cours est moindre je perds beaucoup de temps avec ces horaires espacés. Mon appartement est à moins de dix minutes de la faculté donc je rentre entre chaque cours. Je préférais le lycée quand nous avions toutes nos heures d’affilées et que nous restions toute la journée dans l’établissement. Cependant, j’ai moins le sentiment de routine cette année. En fonction de mes horaires je ne me couche et me lève jamais à la même heure tous les jours. Quand je commence à huit heures je me lève à 7h15. Au contraire quand je commence tard dans la matinée ou l’après-midi je me lève plus ou moins tôt en fonction du travail que j’ai à faire. Au lycée j’avais une routine établie je me couchais à 22h30 ou 23h30 quand j’avais des devoirs communs et je me levais à 7h10. Cette année il m’arrive de rester travailler jusqu’à une heure du matin. Les horaires permettent plus de flexibilité. Mais c’est aussi plus dur de se coucher tôt quand la veille on est resté éveillé tard.

Le format des cours change aussi par rapport au lycée. L’année dernière j’étais toujours avec les mêmes 35 personnes et je changeais de salle toute les unes ou deux heures. La nouveauté cette année ce sont les cours magistraux. Au lycée on attendait devant la salle que le prof arrive puis on entrait. En amphithéâtre, on s’installe avant que le prof arrive. Quand j’étais en terminale je pensais qu’il fallait se placer devant pour bien entendre et comprendre le cours. Mais en réalité la plupart des professeurs ont des micros et sont compréhensibles. De plus, les cours en amphithéâtre ne sont pas participatifs c’est-à-dire que le professeur parle et nous écrivons. En règle générale ces cours vont plus vite que les travaux dirigés (TD). Il faut écrire assez vite mais j’arrive toujours à tout taper à l’ordinateur.

Une des choses assez liées aux cours et surtout aux horaires est le travail personnel. En terminale scientifique j’avais une quantité de travail assez importante en plus des cours ; entre vingt et vingt-cinq heures par semaine. Je ne peux pas vraiment estimer le temps de travail par semaine à la faculté car il est moins régulier qu’au lycée. En effet, en terminale les semaines étaient ponctuées de contrôles et de devoirs communs tous les vendredis. Je travaillais donc tous les soirs et le week-end. En arrivant à la faculté, j’avais tellement peu de cours que je ne voyais pas quoi travailler ni l’intérêt de le faire car les partiels étaient qu’en décembre et que la quantité de cours n’était pas très importante. Je pense que c’est principalement du au fait de passer d’une filière scientifique à littéraire. Au lycée, tous les soirs j’avais des exercices de mathématiques, de physique qui prenaient du temps et qui étaient plus concret. En LLCER il y a beaucoup de choses à apprendre par cœur comme la civilisation ou la littérature et des cours où il faut s’entrainer comme la grammaire ou la version. Je n’ai rien de technique à apprendre ou comprendre. C’est ce qui a principalement changé dans mon travail. Je ne m’acharne pas à essayer de comprendre des cours ou à trouver les solutions des exercices en mathématique. Au début, à la faculté ça me paraissait plus facile et d’un autre côté assez bouleversant car j’étais habituée à travailler énormément. Quand les partiels sont arrivés, je n’ai pas eu de mal à me mettre au travail. J’ai repris mon rythme de terminale, je travaillais entre chaque cours et tous les soirs tard. Ce que je ne faisais pas les premières semaines. Je n’ai pas vraiment reparti mon travail au premier semestre j’ai plutôt beaucoup travaillé un mois avant les partiels.

J’avais quelques appréhensions du fait de passer d’une voie scientifique à littéraire. J’avais peur par exemple d’avoir des lacunes en littérature ou de ne pas avoir le niveau attendu en anglais. En terminale, je n’avais que deux heures d’anglais par semaine tout et pour tout. En réalité, les professeurs reprennent toutes les bases en littérature et en ce qui concerne les dissertations à rendre ce n’est pas plus difficile que le français ou la philosophie. Même sans m’en rendre compte je rédigeais beaucoup en terminale et surtout j’étais habituée à raisonner, à toujours suivre une démarche précise. Cela aide beaucoup pour les dissertations car je suis la méthode à la lettre comme une démarche scientifique.

La sensation d’avoir une vraie classe n’existe plus à la faculté. Nous sommes en moyenne quarante par travaux dirigé (TD). Au début de l’année cela parait être beaucoup mais en réalité nous ne sommes jamais au complet en cours. Dans mon TD nous sommes environ 20 à venir régulièrement. Je connais les têtes des personnes dans ma classe mais pas forcément les prénoms. En effet, nous n’avons pas de cohésion comme nous avions l’année dernière au lycée. En terminale, je voyais ma classe huit heures par jour alors forcément cela créait des liens. Là nous avons environ dix heures de TD par semaine. Parfois une seule heure par jour alors j’arrive puis je repars. J’ai un groupe d’amis dans la classe et c’est à peu près pareil pour tout le monde. Il y a plusieurs petits groupes séparés. Une fois qu’on trouve son petit groupe on ne parle pas aux autres. C’est une des choses que je regrette le plus entre le passage lycée-faculté. J’aimais bien aller en cours pour voir mes amis avant, avoir une ambiance et une cohésion dans la classe même si je n’avais pas forcément d’affinité avec tout le monde. De plus, nous avions des pauses entre les cours où nous nous retrouvions dans la cour pour discuter. Le midi nous mangions tous au self. Cette année, chacun mange chez-soi le midi.

C’est à peu près le même changement avec les professeurs. Au lycée, je voyais mes certains de mes professeurs environ six heures par semaine. Ici, on ne voit la plupart des professeurs qu’une heure par semaine. En cours magistral nous écoutons le cours puis nous repartons. Il n’y a aucun échange avec les professeurs. En TD c’est quasiment la même chose. Même si au lycée les professeurs sont moins proches qu’au collège il y a quand même plus de proximité principalement dû au fait qu’ils nous voient beaucoup dans la semaine.

Ce qui a été nouveau aussi c’est la vie en appartement. Au lycée, j’étais en internat donc j’étais habituée à partir tous les lundis et rentrer tous les vendredis. À ce niveau-là ça n’a donc pas été un grand changement. Au début de l’année je partageais mon appartement avec une copine à moi. Cela a duré un mois le temps qu’elle trouve un appartement. Je n’ai pas particulièrement senti de différence étant donné qu’on avait déjà vécu trois ans ensemble dans la même chambre d’internat. Les choses n’ont pas vraiment changé après son départ. L’organisation est différente. On doit faire les courses, le ménage. Avant d’avoir mon appartement je me demandais toujours ce que j’allais faire à manger mais finalement je trouve toujours. La pire corvée pour moi est de faire les courses. Je les fais environ une fois par semaine mais je me rends compte qu’il manque toujours des choses. Je me demandais aussi le temps que ça allait prendre de faire à manger. En effet, au lycée je m’arrêtais de travailler quarante minutes pour aller manger au self et je m’y remettais. Je me demandais donc comment j’allais avoir le temps et de faire à manger et de travailler. En réalité au début de l’année je n’avais pas beaucoup de travail donc largement le temps de faire à manger, un peu moins quand les partiels arrivent.

Ne pas vivre chez ses parents ou à l’internat avec des règles nous donne aussi plus de liberté. En effet je fais un peu ce que je veux quand je veux. J’organise mon emploi du temps en fonction de ce que j’ai envie de faire. Parfois je mange tôt pour aller travailler à la bibliothèque le soir d’autres fois je vais faire du sport donc au contraire je mange tard. C’est un des avantages d’avoir un appartement. J’ai plus besoin de demander l’autorisation à personne. De plus quand je n’ai pas beaucoup de travail je sors le jeudi soir. À l’internat nous ne pouvions jamais sortir le soir. Donc au début de l’année je sortais pas mal car c’était nouveau ce concept de sortir le soir alors que nous avions cours le lendemain. Cela nous apprend à gérer notre temps de travail et notre temps libre. Cependant une des choses qui me manque est la vie à l’internat. En effet, pendant trois ans j’ai vécu tous les jours avec les mêmes personnes.

Les changements entre le statut de lycéen(ne) et d’étudiant(e)
Sandra Gornouvel

Le changement entre le statut de lycéen(ne) et celui d’étudiant(e), se définit autant par l’environnement que par la sensation.
En effet, il y a un changement perceptible côté environnement, du fait qu’on se retrouve en totale autonomie contrairement au lycée où nous somme encore encadré par les professeurs. Car oui en faculté il n’y a pas d’obligation à suivre les cours (mise à part pour les étudiant en régime boursier), à l’inverse du lycée où nous étions obligé de justifier notre absence par une justification médicale, alors qu’en faculté on ne doit la présenter seulement pour les partiels. Certes ce changement peut s’avérer gratifiant car cela représente un soulagement du fait qu’on à plus à ressentir de l’angoisse pour avoir manqué ne serait-ce qu’un seul cours. Cependant, même si j’aime beaucoup ce côté-là de la faculté, j’y vois quand même un inconvénient, car je pense que cela peut aussi encourager, d’une certaine façon, à ne pas assister aux cours. Car comme on se dit que de toute manière personne n’ira vérifier pourquoi nous somme absent, ça amène aussi à se dire que les cours ne servent pas à grand-chose. En effet beaucoup d’étudiant(e)s pensent à ce type d’idée concernant des cours en particulier, comme l’histoire, le français, le sport etc. Et si les étudiant(e)s y voient un aspect inutile à ces cours, c’est parce qu’ils y voient une inutilité pour le monde du travail et dans la vie quotidienne. C’est vrai après tout à quoi ça sert de connaitre le théorème de Pythagore, de connaitre les dates de l’affaire Dreyfus, la période du romantisme ou encore de faire de l’accros sport ? De plus que cette idée est également renforcée par les parents, ce qui n’améliore guère les pensés des étudiant(e)s, qui prennent beaucoup appuis sur les dires des parents. Cependant les études ont pour but d’enrichir les connaissances culturelles chez les étudiant(e)s afin qu’ils puissent s’adapter aux interactions sociales de la société. Alors qu’au lycée le fait d’être surveillé sur notre présence en cours, permet d’être plus sérieux quant à nos objectifs et l’importance d’être rigoureux dans notre travail. Bien évidemment je n’en fait pas une généralité, cependant, cela relève, d’après moi, l’un des désavantages de la faculté. Mais pour ce qui représente un souci majeur de la faculté, c’est l’organisation ! Car les cours change parfois de salle, parfois c’est indiqué via l’ENT, parfois non, de même pour les horaires. Mais cette organisation qui est l’opposé de celle de lycée est due en parti par notre autonomie. Alors oui ce n’est pas la meilleur organisation qui existe mais il faut y voir le bon côté, et cela rejoint ce que j’ai dis précédemment à propos de l’autonomie. Car comme le suggère le mot « autonomie » nous devons compter que sur nous même, et il faut se rendre à l’évidence lorsque nous deviendrons adulte nous devrons compter que sur nous-mêmes. En effet, l’autonomie sera présente dans le monde du travail et dans notre vie quotidienne ; au travail parce qu’on travail que pour soit et dans la vie quotidienne pour gérer les taches ménagères, la gestion du salaire pour payer les impôts et payer les subventions de nos besoins (nourriture, vêtements, soins hygiéniques etc.).
Côté sensation c’est semblable, il y a un changement qui y survient avec le temps. Car lorsqu’on arrive tout juste au statut d’étudiant(e), on ne ressent pas de changement particulier mise à part au niveau de l’environnement où là on perçoit un changement visible. Mais côté sensation, à part le nom qui passe de lycéen(ne) à étudiant(e), ce n’est pas concrètement visible. Et selon moi on y découvre un vrai changement avec l’âge, un peu lorsqu’on à dix-huit ans, où le changement apparait par l’approche d’âge de la majorité. Ainsi je pense qu’au fur et a mesure, soit de façon de subtile et sans qu’on s’en aperçoive on devient étudiant(e). Autrement dit on se construit une identité d’étudiant(e) psychologiquement parlant mais aussi par nos actions. Psychologiquement car lorsque le lycée est terminé, on se prépare en quelque sorte à passer par le cap des études supérieurs et donc par conséquent on se prépare aussi psychologiquement à ce nouveau environnement qui approche. Mais souvent cette préparation psychologique passe par des attentes, des attentes qui viennent des préjugés, des préjugés qui viennent des étudiant(e)s ou des expériences de notre entourage. Ce qui fait que souvent, soit on est dessus ou soit on ne l’est pas, par rapport à nos attentes. Car le problème c’est que chacun à sa propre expérience de sa période d’étudiant(e), et comme chacun est différents, il est normal que ce que l’on a pu entendre ne correspond pas à nos idées de ce que sa fait d’être étudiant(e). Et une fois passé par ces réflexions de ce que ça fait d’être étudiant(e), on passe par une autre étape de notre construction identitaire, à savoir nos changements dans l’adoption de nouvelles aptitudes correpondant à celui d’un(e) étudiant(e). Ainsi on change certaines manies qu’on remplace par de nouvelles en fonction du changement environnemental par rapport au lycée. Par exemple on va adopter un nouveau langage, soit un langage approprié aux attentes du cadre universitaire, comme le choix d’un vocabulaire plus spécifique et soutenu que celui dont on à l’habitude d’utiliser, autrement dit un langage familier et courant. Et enfin, et cela rejoint ce que j’ai développé précédemment, on va s’accroitre d’un comportement plus responsable et plus mature que notre comportement récent à savoir irresponsable et immature. Mais tout cela se développe avec le temps, et cela ne nous empêche pas de garder en nous ces anciennes habitudes, surtout que cette appropriation comportemental, tel que son nom l’indique, on ne l’emploi généralement qu’à une situation adéquate.

De Lyceion à Univeritas
Seongwoo Kang

Le lycée, comme son étymologie ‘λύκειος’ qui est dérivée de ‘λύκη’ ‘lumière’, allume la première lumière du cerveau de chaques élèves. Et après ce qui nous est jeté est ‘l’université’ dont dérivée de ‘univerus’ qui veut dire ‘univers’, pourrait signifier ‘entrer dans un monde collectif’.
Mon origine(coréenne) n’est pas française, donc le texte-ci pourrait montrer une idée exogène ou même très individuelle. Dans la société coréenne, qui donne une telle importance sur l’université, « comme tous les pays » , il y a un véritable rang universitaire qui est déjà fixé dans la société coréenne, Les lycéens travaillent de façon très hâtive et dure pour s’intégrer dans ce rang universitaire. Le baccalauréat en Corée, qui a lieu seulement un jour(différé celui de la France) dure grosso modo 9 heures, et les lycéens ou peut-être les collégiens(pour l’examens national qui aura lieu dans 3 ans) étudient “depuis leur naissance” non pas pour enrichir leur monde éducatif mais pour passer cet examen et recevoir une haute note.
« NON VITAE SED SCHOLAE DISCIMUS » cette phrase qui est très présente en Corée laissera peut-être les lycéens coréens dans un future plus dur dans une université.

Moi, qui pouvais réussir à m’intégrer dans le rang universitaire, plus ou moins supérieur, avais aussi du mal au début d’accepter cette liberté qui m’avais tombé soudainement.
Dans le lycée en Corée, Il y avait 8 heures de cours(qui commencent à 9 h et durent jusqu’à 17 h, l’horaire fixée par le gouvernement, 2014) et encore des cours supplémentaires qui dureront jusqu’à 22 h(ceux qui sont sélectifs), par conséquence, les lycéens en Corée n’ont pas dû organiser leur propre emploi du temps, comme tous les cours étaient fixes par les enseignants, alors que les universités en Corée nous proposent de gérer notre propre emploi du temps(comparativement en France, normalement, l’UE I et II sont déjà fixées par le département mais en Corée, même les deux unités d’enseignements, c’est pour nous à sélecter).
Dans une ambiance plutôt compressive à travailler 7j/7j du lycée en Corée, celle de l’université en Corée était relativement libre .
Dans un premier temps, nous n’avons pas dû travailler ou assister aux cours tous les jours comme dans le lycée et même assister à un cours ce qui est choisi par nous-même était à notre choix.
Donc, même les lycéens qui travaillaient dur sous la pression et recevaient une bonne note, ne sont pas assurés à avoir un bon résultat dans une université ‘libre’. Il fallait que nous changeassions.
En étant entré dans l’université, c’était ce qui m’a donné comme travail, étudier pour la bona fide, id est : étudier pour mon future ou pour m’amuser.
La raison pour laquelle je suis entré dans une université est parce que je voudrais devenir chercheur, ce qui est un rare rêve dans la société où l’université devient une usine qui produit des personnes à travailler. J’avais l’intention de partir étudier en France après une année, dans cette petite période ce que j’ai appris était poser des questions et ne pas avoir peur de montrer du fait « Je ne sais pas ou je ne connais pas ».
Je ne sais pas exactement la réalité éducative des élèves en France, en Corée, on ne pose pas des questions, bien que l’on ne connaisse rien.
Poser des questions était en fait ethno-sociologiquement hétérogène et même reprochable en Corée. Dans une société très collective, il ne fallait pas être unique, et voilà ce qui est unique en Corée : poser des questions, c’est considéré comme dérober du temps aux élèves et aux professeurs(en Corée on ne les appelle pas ‘professeurs’ mais ‘enseignants’). Même si les enseignants nous ont encouragés de poser des questions, c’est mal vu par les autres élèves. Bien qu’il y eût des choses que je ne savais pas, j’avais renoncé à poser des questions dans mon lycée. Mais dans l’université, d’autant que j’ai choisir à étudier et devenir chercheur, s’il y a des concepts ou des idées que je ne comprends, je pose des questions, ce n’est pas rechangé en venant en France, je pose des questions pendant 20 minutes après les cours( trugarez vras evit hoc’h amzer bouezus, ar C’Helenner RICHARD, an Aotrou Le PIPEC hag an Aotrou TANGUY).

La deuxième chose que j’ai changé était aller à la bibliothèque et lire les livres. Je n’avais pas aimé lire, spécifiquement, je n’aimais pas lire ceux qui ne sont pas des manuels, Ma spécialité était les études françaises et précisément la linguistique et la langue française( et c’était en étudiant le français que j’ai découvert le monde breton-celtique ce qui est ma spécialité dans ce moment-ci). J’ai quand même lis beaucoup, mais surtout les manuels de grammaire, et je n’aimais pas lire les littératures.
Un jour, pour consulter les livres de grammaire, pour la première fois, je suis entré dans la bibliothèque universitaire, et choisi un manuel et je l’ai lis. Il y avait une phrase populaire dans le monde anglophone, ce qui commence par « Lolita, light of my life, fire of my loins… », pour explique une telle matière grammaticale.
Je n’avais pas su ou plus correctement perçu si les phrases dans des œuvres pourraient utilisées comme exemple. En fait, la littérature ce que je n’appréciais pas était la source de la bonne grammaire qui m’avait plu. C’était peut-être un des plus grands tournants de ma vie d’avoir trouvé et d’être entré dans un monde littéraire. Dès ce moment-là, j’avais commencé à lire les œuvres anglais et français, pour apprécier une bonne quantité de belles tournures dans un texte.
Même si, jusqu’à cette heure-là, je ne lis pas des articles qui ne me plaisent pas, je peux assurer que c’est ouvert à changer.

La troisième chose, en Corée, il y a un proverbe « 목마른 자가 우물을 파리라. » ce qui veut dire « Celui qui a soif, qu’il creuse un puits. », donc effectivement cela me signifie que celui qui est concerné va étudier, voilà ce que je fais maintenant.
Comme on a déjà dit, le lycée force les étudiants de travailler et l’université ne nous en force pas. Donc pour réussir il faut être auto-décisif, auto-éducatif et s’auto-diriger. Pour étudier, et pour ne pas rater cette autodidacte, pour moi il fallait être premièrement organisé.
Je n’avais pas de plans ou d’horaires quand j’étais dans mon lycée, car le lycée m’en avait donné un ou deux, donc j’ai fait d’abord des plans et des horaires et je les ai modifiés et modifiés pour trouver une bonne horaire adaptée. Il fallait lire des livres, travailler la grammaire, faire des devoirs, préparer des examens etc. Il fallait les mettre en ordre. Au début, comme l’emploi du temps dans l’université, j’ai choisi ce qui m’était plus important et l’apparaître fréquent dans ma propre horaire.
Et surtout mes vacances n’étaient pas des semaines de pause, comme tous les enseignants en Corée imposent aux étudiants, c’était les semaines sans aller à l’école mais les semaines où l’on étudie des choses que l’on n’a pu faire durant les semaines scolaires.
Pour moi c’était une période de chances où je pouvais étudier les choses qui me plaisent encore plus, pendant ces temps j’ai fait des efforts( ceux que je fais encore jusque maintenant en Bretagne) pour réaliser les rêves que j’avais construits quand j’étais lycéen.

Qu’est-ce qui est encore important pour conquérir la vie qui est changée tout à coup ? Parlons que l’université est où l’on est formé pour la vie professionnelle, si c’est vrai, le lycée est où l’on choisit les métiers que l’on voudrait devenir, il faut réveiller et allumer la lumière du cerveau.
Il faut choisir les métiers pas un seul métier quand nous réfléchissons à notre future, afin d’éviter de devenir misérable ou de tout perdre.
Moi-même encore maintenant, j’en ai deux ou trois, bien sûr parmi eux, quelque chose sera plus majeur que les autres. Si c’est important, comment choisir ce que nous voudrions devenir, ce qui est difficile pour décider juste un seul future ?
La réponse était bien simple pour moi. Il faut faire beaucoup d’expériences comme les autres disent. Et ces expériences, on n’a pas beaucoup de temps à en faire. Cela se induit encore lire, mais dans ce temps-ci, il y a aussi écouter et regarder. Je sais bien que lire est un phénomène global en train d’éteindre de nos jours à cause du développement des médias informatiques, comme telle chose ‘Youtube’ et ‘Netflix’. Les gens ne regardent que des vidéos et ici ce qui se pose des problèmes d’ailleurs est que les genres humains deviennent plus sédentaires que l’on était à l’époque Néolithique. Donc nous perdons les chances pour faire des expériences dehors.
Mais ce n’est guère un problème pour choisir nos futures, car comme l’on sait, les médias sont un phénomène, cela influence sur les gens, et fait réagir les gens, mais il faut consulter les bons médias, pas de médias qui ne font que rire. Moi, je consultais souvent les vidéos sur Youtube au sujet de mes intérêts bien sûr dont les vidéos sur les langues du monde. Comme l’on sait tous maintenant, cela m’a donné des idées pour construire mes futures.
Et les livres sont encore mes sources de mes futures, mais cela, spécifiquement me donne les sujets sur lesquels je voudrais rechercher, sur les questions qui demeurent encore ambiguës.

Il n’y aura pas beaucoup de changements en venant en France. Ce qui m’est important est surtout qu’il faut se régler tout seul pour la vie quotidienne pas pour la vie scolaire. En venant en France, bien sûr que je suis séparé de mes parents qui m’occupaient toujours et je n’ai pas un seul de mon côté. Mais dans ce point-là, j’ai entendu que les étudiants européens sont plus indépendants, je souhaite qu’il soit vrai.
En fait, l’environnement académique est mieux ici pour moi, car à Brest qui se situe d’abord en Basse-Bretagne, il y a beaucoup de sources que je n’ai pu trouver en Corée. Cela me permet de réaliser vraiment ceux que je pensais, imaginais et dessinais.
Ce que je voudrais dire ici est qu’il n’y a pas de frontières pour nos futures, si nos futures sont mieux dans un autre pays que nous sommes nés, faire l’aventure est ce qu’il nous reste.

Finalement, il faut vivre comme si nous sommes chassés, celui-ci est un peu cruel et vu inessentiel mais entre ce qui est affamé et ce qui est rassasié, qui désirera des fruits ? Bien sûr que celui qui a faim.
Comme l’on dit que la faim est un bonne sauce à faire cuisiner, ce qui est affamé recourt toujours pour son but, par exemple, cela est ce que j’ai entendu auprès de ma professeure de théâtre, elle dit en nous reprochant, les élèves de banlieue dont les enfants de classe modeste faisaient des actions toujours à corps éperdu comme s’ils seraient morts s’il sont perdus. Il faut être désespéré.

Je voudrais finir ici sans aucune formule particulière car déjà, je n’ai pas fini ma vie scolaire donc il ne faut pas que cette écrite soit finie.
Nous avons déjà passer le Rubicon, et « Ἀνερρίφθω κύβος » et puis il ne nous reste que conquérir notre vie.

Pénélope Protat

Le passage du lycée à l’université se fait en un bond. Comment s’y préparer ? CIO ? Conseillers d’orientation ? Les choix d’études sont en fin de compte très personnels et personne ne peut nous aider, sauf peut-être nos parents, à savoir exactement ce que nous voulons faire le reste de notre vie (ou du moins dans les années à venir). Les professeurs de terminale sont trop préoccupés par le besoin de finir le programme et de préparer le bac pour vraiment parler de la fac, et si tant est qu’ils en aient le temps, ils n’ont rien à en dire. L’apparition de Parcoursup a fabriqué de nouvelles coquilles. Donc, on n’a pas été tenu par la main.
C’est dans cette atmosphère mélangeant ignorance et parfaite connaissance de l’importance de ce qui allait nous tomber dessus que j’ai décidé de faire exactement ce que j’avais toujours fait tout au long de ma vie : baser mes choix sur mes préférences. Mais se questionner sur les choses que l’on aime, c’est soi-même se remettre en question. Qu’aimé-je ? Est-ce juste momentané ? Est-ce qu’approfondir ce sujet et ceux qui y sont liés me feraient plaisir ? Et surtout, sur toutes les choses que j’aime, laquelle est la bonne ? Je ne voulais pas être prof de français, seule profession existante, aux yeux de 90% des gens que j’ai côtoyé durant cette recherche sur moi-même. Faire des études d’allemand m’aurait mené à faire de l’économie, du commerce ou du droit. Etudier, quoi que ce soit, en Allemagne, véritable amour de ma vie, n’était pas envisageable. Aussi forte que j’aie pu être, je n’avais pas le niveau de langue. La solution d’étudier la philologie classique s’est imposée dans mon esprit sans vraiment que je ne m’en rende compte et voilà que je commençais à faire mille recherches sur les lieux de formation possible. La Belgique, l’Université Libre de Bruxelles, devint alors le lieu idéal : j’en parlais à tout le monde, je lisais tout, je savais tout, jusqu’au plan du campus et des rues aux alentours. J’y vivais avant l’heure. Par besoin de calmer mes professeurs principaux avec Parcoursup, je cherchais une université française qui aurait un programme semblable à ce que proposait l’ULB. Je découvre Brest…- et finalement je m’inscris à Brest. J’oublie la Belgique, qui est plus chère et finalement moins attirante quant au programme des cours. Je ne m’attendais pas, en cherchant une université qui serait semblable à l’ULB, à trouver mieux. Le samedi 17 février 2018, je fais ainsi 840km en voiture avec ma mère pour assister aux portes ouvertes de la faculté Victor Segalen et entendre parler de la filière Lettres Classiques, filière qui propose l’étude de la philologie classique. Je vois la ville et je mets à pleurer, car j’ai enfin trouvé.

Le passage du lycée à l’université est-il réellement un chemin semé d’embuches ? Etonnement, deux visions de l’université se sont toujours faites concurrences. Si d’une part, la « fac » est liée à l’idée d’un monde absolument fabuleux où emplois du temps vidés, fêtes et autogestion se mêlent dans une parfaite camaraderie, d’autre part voilà l’idée d’un passage violent au monde adulte, qui étouffe l’étudiant, le martyrise, le traumatise au possible et qui lui fait prendre, ou perdre, plusieurs kilos. Il est évident qu’aucune de ces deux idées ne peut faire lieu de vérité générale. Chaque nouvel étudiant, chaque promo, chaque lieu a sa propre manière de se gérer. Et, car l’université peut-être une côte difficile à monter, plusieurs de mes amis ont dû changer de trajectoire, en changeant de filière, ou arrêter de grimper. Le passage lycée-université n’est pas vécu de la même manière par tout le monde, et je peux dire que je n’en ai pas souffert.
En effet, une première année de licence remplie de seulement six élèves est sans doute davantage bienveillante qu’une filière regroupant 500 étudiants qui n’ont aucune chance d’apprendre à tous se connaître les uns les autres. Dans la petite classe de Lettres Classiques de ma promo, il y a plus de professeurs que d’élèves et l’entente et l’entraide sont de mise entre chacun de nous six. Nous travaillons souvent ensemble, au moins à deux, et tous ensemble pour les partiels à la Bibliothèque Universitaire. Les contrôles sont également beaucoup plus zen, au contraire du lycée où un contrôle était un moment de stress incroyable. Le lycée est l’endroit où on est forcé à toujours remettre en question ses choix, passés, présents et futurs, ainsi que son attitude. En quelques sortes nous étions toujours regardés comme si nous faisions des erreurs.
Également, au lycée, j’étudiais tard le soir et jusque dans la nuit, seul moment disponible dans la semaine et le plus productif pour moi. A l’université, je me permets de travailler entre les heures de cours et jamais avant huit heures le matin. Mon sommeil m’en remercie. J’apprends mes cours et mange sur mon lit étant donné qu’il est plus grand, mieux éclairé que mon bureau et avec une vue sur l’extérieur. Quand il me faut une pause j’observe le phénomène des étourneaux à ma fenêtre, le vol des goélands et l’architecture des vieux bâtiments qui font face au mien. C’est dans cette atmosphère que parfois je me prête à ne rien faire, à ne réfléchir à rien d’autre qu’aux nuages qui passent, à la pluie qui vient occasionnellement sans crier gare, aux oiseaux blancs qui tournoient, au ciel qui bleuit et, avant que je ne me reconcentre à nouveau, au bruit aigu du vent qui frappe fort.
Pour quelques-uns de mes cours je suis passée à l’ordinateur et j’y enregistre tous mes documents en archive. Pouvoir taper à l’ordinateur est une véritable avancée par rapport au lycée même si je ne peux pas critiquer le système de travail lycéen : l’écriture à la main est très importante, même si elle facilite assez peu les notes une fois à l’université, surtout quand on travaille, comme en lettres classiques, une langue dans un alphabet différent. J’ai créé une session professionnelle pour m’encourager à y séparer mes recherches personnelles et mes recherches plus scolaires ou sérieuses. Au niveau des langues, mon cursus me permet de n’en apprendre qu’une seule, ce qui me change du lycée (où j’avais réussi à prendre anglais, anglais renforcé, allemand et DNL histoire en allemand). Mais j’ai su compenser ce manque grâce à mes cours de latin et de grec, mais aussi avec le breton et l’anglais, que j’ai choisis en UE3 et UE5. Les conférences, et orthodidacte sont des aides précieuses.
Evidemment, pour une assez grande partie des étudiants, et tel a été mon cas, le passage à l’université est symbole d’emménagement et de prise en main personnelle. C’est ainsi que, ayant choisi Brest, je déménageais en septembre 2018 à 840km de chez mes parents, de mes amis et de mon canton du Bourbonnais. Un camion a été nécessaire pour m’emménager dans mon petit 9m² de chambre CROUS et là commença les fameuses démarches administratives auxquelles je n’avais été confrontée dans toute ma vie que partiellement. Dû à la distance, je ne peux rentrer chez moi que tous les quatre mois, pendant les vacances de décembre et les vacances d’avril, qui précèdent les partiels, et je dois passer par Paris, où le simple déplacement d’une gare à l’autre peut s’avérer un parcours du combattant que je ne me serais jamais souhaitée à l’époque du lycée. Difficulté à rencontrer des personnes à la fac (retour chez soi après les cours, pas de self à proprement parler), les activités proposées par les CROUS peuvent être une véritable aubaine quand on cherche à sortir de la solitude. La vie en communauté, notamment en chambre économique, -chambre la moins chère qui ne possède réellement que le stricte légalement nécessaire (un lit, un bureau, une armoire et un lavabo) -, crée alors une capacité réelle à partager avec les autres, que ce soit sa sphère privée ou ne serait-ce que l’espace du réfrigérateur. Dans une résidence comme la nôtre il faut partager un petit frigo table TOP avec cinq de ses voisins, tout comme il faut partager douches, toilettes et cuisine avec les 35 voisins de son étage.
La vie en chambre CROUS peut être précaire ; la chambre que j’ai reçu en septembre, sujette à l’humidité, est devenue rapidement, malgré le chauffage, l’aération et mon déshumidificateur, une zone de réel danger pour ma santé. Mes meubles recouverts de moisissure dégoutante, j’ai réussi à obtenir le droit de quitter cette chambre insalubre pour une autre. J’ai jeté les deux meubles que je possédais puis j’ai nettoyé autant je pouvais ceux fournis par le CROUS ainsi que les murs pour que ma caution de logement ne me soit pas enlevée. Je déménageais début décembre, du jour au lendemain, seule, d’une cité à l’autre. Je loupais deux journées de cours pour tout déplacer. Dans ma chambre éco, je remplissais ma grosse valise et mes quatre sacs de ce qui me passait sous la main, en essayant d’équilibrer. Puis j’enfilais les sacs sur mes épaules, prenais ma valise dans une main, mes clefs dans l’autre. Je fermais ma porte écaillée, avançais dans le couloir noir, descendais les quinze marches qui séparaient notre « rez-de-chaussée » du vrai sol, sortais, montais la rue, la traversais, prenais la descente boueuse pour arriver à la cité d’en face, trouvais l’ascenseur puis montais au quatrième étage. C’est là que je vidais tout ce que j’avais, -là où je pouvais-, dans ma toute nouvelle chambre : plus chère, plus petite mais moins délétère.
J’ai répété ce chemin encore et encore, allant de l’ancien chez moi au nouveau, remplissant et vidant, fermant une porte et ouvrant une autre.
Les chambres conforts, seules places restantes à la date de ma demande, comportent une douche et un WC. La cabine est trop petite et je me suis rendue compte assez vite que dans une chambre de 9m² où on a réussi à incorporer une cabine tri-fonction privative, il faut apprendre à contrôler le moindre de ses mouvements. J’ai expérimenté par deux fois les dangers de la cellule de prison payante rétrécie : blessure à l’épaule à cause de la douche et blessure au talon à cause d’un mouvement trop brusque vers l’arrière.
Le déménagement eut tout de même l’avantage, en plus de l’hygiène, de m’offrir la plus belle vue qui soit : l’actuel repère sur le ciel bleu et les oiseaux. A la différence de ma campagne où j’avais le son des oiseaux des plaines, j’ai ici le défilé comique des oiseaux marins. Mon premier logement ne m’offrait que la vue du toit des voitures et du goudron bossu.
La vie dans la nouvelle résidence n’est pas le paradis, les rideaux étant interdits et la fenêtre découvrant du sol au plafond, on pourrait dire que Brest à les yeux ouverts sur notre vie entière. On apprend vite également, dans ma nouvelle cité étudiante, que le bâtiment n’était finalement pas encore prêt à accueillir des locataires. Coupures d’eau chaude pendant plusieurs jours, coupure d’eau, coupures d’électricité, de wifi, coupures de chauffage pendant plusieurs semaines, panne de l’ascenseur et du badgeur permettant l’ouverture de la porte d’entrée de l’immeuble ; tel est le quotidien dont on ne se formalise plus.
Mon ancien et mon nouveau logement sont à égale distance de la ville et vivre à dix minutes à pied de ma faculté est évidemment un fait appréciable, la liberté de mouvement (supermarchés, lieux culturels tout proche) a aidé grandement la partie la moins négligeable du contrat quand on commence à vivre seul : s’occuper de soi-même. On oublie assez facilement, même quand on aide déjà chez soi avant, qu’il faudra réellement tout faire une fois seul : les courses, le ménage, la cuisine, la vaisselle et la lessive. On apprend à prendre des responsabilités et si je passais, au lycée, mon week-end à lire, à travailler parfois pour ma mairie et à écrire pour des concours ou faire du sport, je consacre aujourd’hui toujours celui-ci aux courses, à la laverie et à l’étude.
Pour conclure, s’il y a bien une chose qui se vérifie, c’est que les étudiants ne roulent pas sur l’or et la vie confortable des repas à la maison et des repas du self manquent évidemment au regard des actuelles boîtes de conserves étudiantes.