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LE BUS DES FEMMES. Prostituées : histoire d’une mobilisation

par Anne Coppel avec Malika Amaouche et Lydia Bragiotti
le 24 mars 2020

En pleine épidémie de sida, les prostituées sont parmi les victimes les plus exposées et les plus vulnérables, les minorités les moins protégées. Le contexte est celui de l’arrivée de nouvelles femmes, migrantes ou usagères d’héroïne qui sont obligées de se prostituer, les traitements de substitution n’étant pas encore accessibles ; des femmes prêtes à tout pour gagner de l’argent et en mauvaise santé contre lesquelles les « traditionnelles » protestent. Prostituée de la rue Saint-Denis, Lydia Braggiotti sollicite alors Anne Coppel, une sociologue spécialiste des toxicomanies, pour l’aider à faire témoigner ses consœurs. Son idée est de faire écrire les « subalternes » dans un cahier de doléances adressé aux pouvoirs publics. Huit cahiers vont ainsi circuler parmi les femmes de la rue Saint-Denis et celles des portes de Paris. Le document présenté à Claude Evin donnera lieu à la création du Bus des femmes en novembre 1990, première association de santé communautaire de prostituées, dirigée par des prostituées. Ce document historique est rarissime en ce qu’il donne à lire la voix des prostituées. Au-delà du témoignage sur les conditions de vie des prostituées, c’est un exemple remarquable d’empowerment dans l’histoire des femmes. Les textes font surgir une réalité diverse et incarnée, à la fois violente et ordinaire : toxicomanie, santé et questions d’hygiène avec la bataille du préservatif, la peur et les rivalités, la vie sociale et la famille. Bien loin des fantasmes et des débats paralysés par des prises de position de principe, ce document extraordinaire apporte une pierre dans la réflexion sociale et sanitaire toujours actuelle sur la prostitution. Les regards de Anne Coppel, Lydia Braggiotti (actrices de l’aventure), et de Malika Amaouche (militante et héritière contemporaine de cette histoire) décryptent la parole des femmes et font écho avec le débat contemporain : condition sociale, les studios où les femmes travaillent, les relations avec les hommes (proxénètes et revendications d’un statut social), les clans (rue Saint-Denis, périphérie, marcheuses des Champs-Élysées). Après une présentation d’Anne Coppel, 17 lettres sont reproduites et commentées, suivies du témoignage de Malika Amaouche et d’un entretien avec Lydia Braggiotti.





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